Le pommier

Il existe plus de 10 000 variétés de pommes en Europe. Il est possible d’en avoir toute l’année, en utilisant les variétés de très longues conservations. Je livre ci-après une liste de quelques variétés qui mûrissent à des périodes pertinentes par rapport à la grande majorité des autres pommiers.

Pour des pommes qui se gardent jusqu’en avril, je vous recommande les variétés suivantes : Court pendu gris, rivière, Weinling, pomme d’api, Pink Lady, Red Chief, Starkinson, Red Delicious, Starking, Idared, Golden Delicious, pomme de meunier, Fenouillet gris, grand-mère, Reinette de Caux, Reinette grise de Saintonge, Reinette Cul Creux, Reinette Daniel, Reinette de Doué, Reinette de Pons, Reinette de France, Reinette d’Espagne, Reinette de Rouen.

Pour les pommes qui se gardent jusqu’en mai : Reinette de Brive, Reinette de Champagne, Reinette d’Amboulne, Reinette Dubuisson, Reinette Clochard, Reinette de Waleffe, Vaucharde, Louiton, Pomme de Mai, Pomme Cloche, Pomme Orange, Pomme Dieu, Pomme de Risoul, Pomme d’Enfer, Fuji, Coing, Serveau, Réale d’Entraygues, Jean Tondeur, Boutras, Bohnapfel, Belle Rivet, Belle de Bauziac, Api Rouge, Api Étoilée

Pour les pommes qui se gardent jusqu’en juin : Baujade, Boskoop, Estelle, Amassoucade, Cabusse, Coquette, de l’Estre, Reinette verte de Mende, Reinette d’Armorique, Reinette d’Amboulne, Newton Pippin, Calville blanc d’hiver, Blanc Dureau, Teint Frais, Court pendu gris.

Pour les pommes qui se gardent jusqu’en juillet : Borowitsky, Caleville rouge d’été, Astrakan rouge, Transparente jaune, Blanche précoce (ou Blanche de Juillet), pomme fraise, pomme Grenadier, George Cave, Discovery.

La Pomme de Fer se conserve jusqu’en août. Les variétés qui produisent et mûrissent en août (et qui en général se conservent très mal) sont les suivantes : Pays Bou, Tête de Lièvre, Trompe Gelée, Rose de Hollande, Pomme d’Allèves, Mouilleroux, Grive Rouge, Christophe, Choureau, Auberive, Astrakan blanc, Akane, reinette de Barnajou, Bergade.

Pour septembre, je ne saurais vous recommander qu’une variété : la Vista Bella.

En début d’hiver, il existe des petites pommes qui résistent aux premières gelées. Les Anglais en sont particulièrement friands et les surnomment crab apples, leur nom latin est Malus baccata. Si vous optez pour des fruits de taille plus classique, la variété Malus prunifolia répondra sans doute à vos attentes. Elle fait des fruits deux fois plus gros que les autres et son goût est identique à la reine des reinettes (mais sa texture est légèrement plus farineuse).

Pour les pommiers, il existe de nombreux types de porte-greffe pour hâter la mise à fruit. Ces variétés de porte-greffe de pommiers se bouturent en mars, période de greffe pour ce genre d’arbres.

Sachez que certains pays bénéficient de variétés de pommiers d’une rusticité à toute épreuve. C’est notamment le cas de variétés kazakhes (Malus sieversii), qui dans leur biotope d’origine peuvent atteindre les 30 mètres de haut. Il existe plus de 400 variétés de ces pommiers extrêmement vigoureux, bons et résistants à la tavelure.

La tavelure est, avec la moniliose et l’oïdium, l’une des principales affections fongiques du pommier. Elle est causée par un champignon causant des lésions sombres à la surface des feuilles ou des fruits, parfois même sur le tronc et les branches. Les fruits et la partie inférieure des feuilles y sont directement exposés. Toutefois, les variétés résistantes à cette maladie sont encore jalousement gardées par l’Inra en France, et par d’autres conservatoires en Angleterre, aux États-Unis, en Chine, et bien sûr au Kazakhstan… je n’ai actuellement qu’une variété nommé “Tian shan”

Les pommiers cultivés conventionnellement reçoivent en moyenne 37 traitements différents. Il en va de même pour les autres fruits. C’est pourquoi le permaculteur doit être attentif aux variétés rustiques, il est naturellement un collectionneur de fruitiers rares, non présentés dans la liste des essences et variétés commercialisables au sein de l’Union européenne. Vous serez donc contraints, si vous les vendez, à le faire dans le cadre d’une AMAP ou d’une association.

La variété pollinisatrice de référence est la reine des reinettes, mais il y a en a beaucoup d’autres. L’idéal, pour couvrir le maximum de variété d’un seul coup, est un hybride comprenant des gènes de Malus japonica nommé Malus perpetu evereste, mais il abîmera la génétique de vos pommiers si vous comptez faire des semis et ne pas les greffer (Malus japonica fait des fruits gros comme des cenelles d’aubépines).

En ce qui concerne l’espacement, pour les francs, il vous faudra prévoir entre 7,5 et 10 mètres.

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Le poirier

Le poirier adulte (20 à 30 ans) produit environ 100 kilogrammes de fruits par arbre... Il offre donc un rendement particulièrement intéressant. Un arbre assez grand qui vieillit mieux sous sa forme naturelle (à cause de la concurrence), c’est-à-dire en axe unique, n’aide pas du tout pour les récoltes, mais vit cependant bien mieux sa vieillesse. En effet, il n’a qu’une cime et forme de nombreux sous-plateaux de végétation. À partir de ces derniers, on peut mettre en place la culture de petits arbustes comme les noisetiers, les néfliers, les argousiers ou les amélanchiers (plantes atteignant entre 4 et 6 mètres).

La variété de référence est la poire conférence, car elle constitue une excellente pollinisatrice. Parmi les meilleures poires de garde, citons ces variétés aux noms poétiques : la duchesse d’Angoulême, la Beurré Giffard, la comtesse de Paris (de longue garde), la fleur d’hiver, la figue d’Alençon, la Jeanne d’Arc, le poire lectier, la poire curé, la soldat laboureur.

Pour les poires précoces, c’est-à-dire venant à partir de fin juin

poire de juin : Belle de juin

fin juin : Saint Jean

Poire de juillet : coloré de juillet ou morettini ,coscia d'été ou C.Tosca ,Rosadinha ,puis beurré Giffard ( fin juillet )

la poire d’été, la Beurré Giffard, la Clapps Favorite, la Précoce de Trévoux, la Bon Chrétien Williams, la Docteur Jules Guyotrares) sont celles qui se conservent le mieux, jusqu’à toute une année. Pour en avoir le cœur net, procurez-vous le document no 7 du site lesfruitsoubliés.org, « Les pommes et poires de garde » ,citons tout de même Duchesse de Bordeaux se conserante jusqu'en mars,Doyenné d' Alençon également,olivier de serres et Doyenné d' hiver de Janvier à avril , Bergamote Espéren mûrit d'avril à mai

Pour conserver des poires plus longtemps trempez la queue dans de la paraffine liquide .. C’est à ce jour le dossier le plus complet consacré à ce sujet précis.

L’une des variétés de poirier pour laquelle j’ai toujours eu un faible est la Fauvanelle. Ces fruits peuvent se conserver jusqu’à un an pour en faire des poires à cuire. Leur parfum de vanille se démarque par son intensité.

Petit conseil : bien que les pommes et les poires aient de nombreuses caractéristiques communes, notamment la longue durée de conservation, elles ne doivent jamais être stockées ensemble ! L’éthylène sécrété par la poire fait mûrir la pomme et l’œstrogène produit par la pomme fait mûrir les poires… Leur cohabitation les fait donc mutuellement pourrir[180].

Les racines profondes du poirier nécessitent au moins 1 mètre de terre exploitable pour bien croître. En fonction de la forme donnée au poirier, les distances de plantation peuvent devoir être différentes. Si le poirier est taillé en haute tige, alors une distance de 8 à 10 mètres avec un autre arbre doit être respectée. La distance peut être plus réduite si l’arbre est taillé en axe unique.

Pour les poiriers, je vous recommande les haies plissées à la diable, la méthode « Bouché Thomas » ou encore la haie « Lepage », qui favorisent l’arcure des branches. Cette excellente technique génère un très haut rendement par rapport à l’espace, mais nécessite un gros travail de taille. Le simple fait de planter ses arbres fruitiers en inclinant leurs branches à 30° vers le sol rend leur mise à fruit bien plus précoce. Toute branche dont la sève est ralentie générera plus de fructification, et gardez bien en mémoire que la fructification est inversement proportionnelle à la croissance.

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Le cerisier

Il existe une grande variété de cerisiers : les guignes, les merises, les cerises douces, les cerises acides, etc. L’important est de voir quelles variétés offrent de belles opportunités à une personne installée depuis peu en milieu rural.

Traditionnellement, la production des cerises s’étale sur huit semaines, de mi-mai à mi-juillet. Mais il est possible d’avoir six mois de production de cerises. Le cerisier a des racines superficielles. Il aime les sols caillouteux, le plein soleil, et exige 20 m² de surface s’il est greffé sur franc ou sur F12 (porte-greffe produit in vitro, plus vigoureux que le franc de semis).

La durée de production d’un arbre varie entre 20 et 25 ans, selon le développement variétal et produira, adulte (c’est-à-dire entre 10 et 20 ans), 100 kilogrammes de cerises sur franc (merisier ou F12, mais rien ne vous empêche de greffer sur des portes-greffe qui produisent plus vite ; ces derniers sont de vigueur toujours inférieure – ce qui facilite les récoltes –, mais leur principal inconvénient reste leur durée de vie réduite).

Les variétés canadiennes de cerisiers produisent de juillet à septembre. Elles mesurent entre 2 et 6,5 mètres de haut et sont issues de judicieux et complexes croisements entre Prunus cerasus, Prunus fruticosa, Prunus pensylvanica, Prunus virginiana et Prunus avium. Leurs fruits, très sucrés, pèsent entre 3,5 à 6,5 grammes selon les variétés.

Je vous conseille les variétés suivantes, pour les raisons énoncées entre parenthèses : Carmine Jewel (auto fertile, produit jusqu’à début août), North Star 4M (autofertile, l’un des meilleurs pour le goût très sucré et acide de ses fruits), Sweet September (produit en septembre), Nanking (autofertile), Momma, Carmen, Vega et Sweetheart (produit fin juillet). On peut trouver des variétés exceptionnelles comme le cerisier belle agathe de novembre (ou cerisier de la Toussaint) qui produit de petits fruits ressemblant à la grillote de la fin des gelées de printemps au début de celles d’hiver. Il s’agit d’un arbre à croissance lente, et à port vaguement pleureur. Parmi les cerisiers tardifs, nous trouvons également la cerise tardive du Mans, le bigarreau d’octobre, la tardive de grandchamp, la bonneau (fin août-début septembre), Penny (fin août). Certaines variétés de guignes produisent en octobre des cerises acides (Prunus cerasus).

La plus grosse cerise de type bigarreau fait 35 grammes en moyenne, et se monne Canada Giant. Nous pouvons également vous conseiller le cerisier de Sibérie – également surnommé ragouminier[177] – et le cerisier des sables[178]. Ces derniers forment de petits arbustes d’une hauteur de 1 à 3 mètres et sont très productifs en fruits juteux et charnus (qui arrivent 2 à 3 ans après la plantation). Leurs fruits font seulement 1 centimètre de diamètre, mais ils peuvent se révéler très sucrés et dégagent un parfum agréable.

Les différentes variétés de cerisiers des sables (Sioux, Brooks, Black Beauty et Susquehanae) résistent à des températures pouvant avoisiner les – 30 °C. Elles sont donc recommandées aux montagnards !

Les différentes variétés de ragouminiers (Drilea, Orient, Red Marble et White Ruby) donnent à la récolte des quantités variant entre 3 et 5 kilos de fruits par arbuste. La densité conseillée à la plantation est de 3,5 à 5 mètres sur le même rang, à raison de 5 à 6 arbustes en ligne, soit de 330 à 570 plants par hectare (soit entre 2 500 et 4 500 plants par hectare en haie fruitière).

Enfin, nous ne pouvons faire l’impasse sur l’abricot cerise[179] ou le cerisier Prunus japonica x Prunus jacquemontii qui mûrissent en août et ne dépassent pas la taille du buisson (1 mètre maximum).

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